Redonner aux coopératives les outils de leur autonomie.
Une lettre ouverte sur pourquoi nous avons créé Moutaawin, à qui il s'adresse, et ce que nous nous engageons à faire pour le mériter.

Les coopératives marocaines créent, chaque jour, une valeur considérable. Dans le Souss-Massa, dans le Rif, dans le Haouz, des milliers de femmes et d'hommes transforment une matière première brute — de l'argan, du miel, du safran, de la laine — en produits qui atteignent les étals de Marseille, de Montréal, de Tokyo. Cette valeur, pourtant, se dilue trop souvent entre les mains intermédiaires, faute d'outils pour la mesurer, la défendre, la restituer.
Moutaawin est né de ce constat. Nous avons vu des coopératives tenir leur comptabilité sur des cahiers à spirale, calculer leurs ristournes à la calculatrice devant l'Assemblée Générale, chercher pendant des jours la trace d'un lot exporté trois mois plus tôt. Ce n'était pas un problème de compétence — c'était un problème d'outil. Les ERP existants sont pensés pour les grandes entreprises, dans un vocabulaire qui n'est pas le leur, avec une comptabilité qui ignore le plan spécifique de l'ODCO et la loi 112-12 qui les régit.
Nous avons voulu leur donner les mêmes outils que les grandes entreprises — dans leur langue, selon leurs règles, à leur échelle. Un logiciel qui parle de lots MP et de ristournes, pas de SKU et de dividendes. Un plan comptable où les comptes 3461, 4463 et 4465 existent en standard. Une traçabilité où l'on remonte d'un flacon exporté jusqu'à l'adhérente qui a apporté les amandons — parce que cette généalogie est la fierté d'une coopérative, et sa meilleure garantie.
« La valeur doit revenir à celles et ceux qui la créent. »
Nous nous engageons à trois choses. D'abord la simplicité : chaque écran doit pouvoir être utilisé par une trésorière qui n'a jamais ouvert un ERP. Ensuite l'accessibilité : nous portons des tarifs pensés pour les coopératives rurales, et nous cherchons activement des partenaires pour financer l'accès de celles qui n'en ont pas les moyens. Enfin l'exigence : la traçabilité, la conformité, l'ergonomie ne se négocient pas — elles sont notre contrat quotidien.
Moutaawin n'est pas notre projet. C'est le vôtre. Nous ne sommes que les artisans de l'outil ; la coopérative, c'est vous qui la faites vivre. Nous serons heureux de faire un bout du chemin ensemble.